Abdoul Rahim, fatigué par la route et les incertitudes


Date Publish: 
Tuesday, August 23, 2016
Tags: 
AVRR; Maroc; Guinée; retour volontaire; migrant

« Je m'appelle Abdoul Rahim. Je suis Guinéen. Je reviens du Maroc ».

La trentaine, le regard franc, le visage marqué par des nuits d'insomnie, Abdoul Rahim se présente. Sa main soutient sa côte droite. Il a subi une opération récemment. Il ne s'en est pas tout à fait remis.

Il vient d’arriver du Maroc par un vol de nuit atterri à 2h30 du matin à Conakry.

« Je suis fatigué de devoir me battre pour tout. On m'a mal opéré au Maroc. J'étais affaibli, sans ressources. Je mendiais avec les autres pour avoir de quoi manger », explique-t-il. 

« Un monsieur a vu mon état. Il m'a conseillé de me rendre dans un des bureaux de l'OIM au Maroc pour que cette organisation m'aide à rentrer chez moi ».

Dans les locaux de l'OIM Maroc, Abdoul Rahim a rapidement été pris en charge pour pouvoir bénéficier d'une aide au retour volontaire et à la réinsertion (programme AVR-R).

« En attendant mon départ, on m'a donné des vêtements, des chaussures et de la nourriture. Je me suis senti aidé et protégé. Ma cicatrice me faisait encore mal mais je me sentais mieux car on prenait soin de moi ».

Il prend une grande respiration. Sa main toujours posé sur son ventre.

« J’ai quitté la Guinée en 2010. Je voulais aller en Angola. J'ai traversé beaucoup de pays et emprunté beaucoup d'argent à mes deux familles pour y arriver, mais impossible... Je me suis retrouvé au Maroc pour essayer de passer en Europe. Mais là encore, je n'y suis pas arrivé... Je suis fatigué par la route. Je veux guérir, chez moi ».

Après avoir été reçu par le médecin de l'OIM Guinée, Abdoul Rahim entamera ses démarches pour bénéficier des indemnités d'aide à la réinsertion des migrants revenus du Maroc.

« Tout ce que je veux aujourd'hui, c'est reprendre mon métier de chauffeur. Avoir un taxi et bien travailler pour satisfaire mes besoins », conclue-t-il, las.